lundi 9 octobre 2017

Underground Railroad, Colson WHITEHEAD




La majorité des critiques littéraires sont unanimes sur le dernier roman de Colson Whitehead, Underground Railroad : un chef-d'oeuvre ! Rien que cela... C'est vrai que le livre a fait grand bruit outre-Atlantique et a obtenu deux prestigieux prix (National Book Award 2016, prix Pulitzer 2017) mais la raison de ce succès vient-elle de l'histoire ou bien d'un contexte ?

Retour au XIXème siècle aux Etats-Unis. L'auteur nous raconte l'histoire de Cora, une jeune esclave qui décidera de s'enfuir de la plantation de coton où elle trime depuis sa naissance afin d'échapper à la violence d'un propriétaire sans scrupules et d'espérer une vie meilleure. Mais la liberté a un prix. Elle n'est jamais gratuite surtout dans les états du sud. Cora l'apprendra tout le long de sa cavale en évoluant dans un environnement hostile et raciste.

Sauver sa vie sera sa principale préoccupation, aidée par plusieurs abolitionnistes blancs qui risqueront la leur et celle de leur famille pour faciliter la fuite de la jeune fille via un réseau souterrain de chemin de fer, l'Underground Railroad.



L'auteur n'hésite pas à décrire la haine qu'ont subit les esclaves noirs via des actes de violence d'une cruauté sans nom des propriétaires blancs. En parallèle, il met en valeur les rares américains qui se battent dans l'ombre pour aider à leur échelle, les fugitifs noirs traqués par une populace collaborationniste et des chasseurs d'esclaves avides de sang et d'argent.

Pour ma part, ce livre n'est pas un coup de coeur mais au delà de ce récit, l'auteur nous pousse à avoir une réflexion sur l'état de l'Amérique d'aujourd'hui. La ségrégation raciale n'a jamais vraiment disparu aux Etats-Unis surtout dans les états du Sud comme en témoignent il y a encore peu, les nombreux faits divers racistes.

Pour en revenir au livre et conclure, il faut prendre ce récit comme un témoignage même si le découpage des chapitres est parfois déconcertant, que certains (longs) paragraphes n'apportent rien à l'intrigue principale, l'auteur nous adresse un message : n'oublions pas le passé afin d'éviter que L Histoire ne soit qu'un éternel recommencement.

SHORT numéro 19







Je remercie Babelio et Short Edition de m'avoir permis de lire le numéro 19 de la revue "SHORT".

Je connaissais "Short"via les fameuses bornes d'histoires courtes déployées dans les gares et certains lieux publics.

Cet éditeur privilégie les histoires courtes et permet donc de mettre en lumière des écrivains occasionnels ou en devenir.

La revue "Short" donne également la parole à des poètes et aussi à des dessinateurs. C'est ce choix éditorialiste de mêler la littérature à la poésie et la la littérature à la BD, qui fait de "Short" un OVNI dans l'offre littéraire actuelle.

J'ai entre les mains le numéro 19. Il s'agit du numéro spécial "Hiver" (une publication tous les 3 mois qui colle avec les saisons). La qualité de l'impression et du papier est très bonne mais le prix (12 euros) peut refroidir les nouveaux lecteurs. Heureusement, en parallèle, l'éditeur propose sur son site la version numérique du magazine pour un prix très abordable (2,49 euros).

Ce numéro met à l'honneur les lauréats du grand prix Hiver 2017. On retrouve au total 27 histoires classées par thématiques (nouvelles, BD courtes, poèmes et la catégorie très très courts). L'éditeur indique par un code couleur ainsi qu'une moyenne de minutes, le temps qu'il faudra pour lire l'une ou l'autre des histoires suivant la catégorie.

A noter que les histoires sont également répertoriées par thématique principale (ex : amitié, désespoir, suspense...). Ainsi, le lecteur pourra suivant son humeur du moment ou suivant son intérêt choisir l'histoire qui lui convient.

Si vous êtes comme moi, frustré de devoir fermer votre livre ou de mettre en veille votre liseuse au milieu d'un chapitre passionnant car votre bus est arrivé à destination par exemple; Avec "Short", fini la frustration... Il vous suffit de choisir votre histoire selon sa longueur et de la lire tranquillement. Même en deux minutes chrono, l'évasion est garantie et le plaisir bien au rendez-vous ! 

Pour plus d'informations, et afin de découvrir la communauté des lecteurs / auteurs d'histoires courtes, rendez vous sur le site short-edition.com

tous les livres sur Babelio.com



vendredi 29 septembre 2017

La vengeance du pardon, Eric-Emmanuel SCHMITT






Présentation :

Recueil de quatre nouvelles : deux soeurs jumelles que tout oppose moralement s'aiment et se haïssent tout au long de leur vie, un homme jouisseur abuse d'une fille candide et lui arrache son enfant, un père dur et fermé s'humanise au contact de sa petite fille avec qui il se plonge dans le lecture du «Petit Prince» et une femme rend régulièrement visite à l’assassin de sa fille en prison.





– Sais-tu ce qu’est une mère ?
– Non…
– Quelqu’un qui ne repousse pas. Quelqu’un qui accueille. Quelqu’un qui aime. Quelqu’un qui ne juge pas. Quelqu’un qui pardonne.



Mon avis :

Ce recueil composé de 4 nouvelles traite, comme l'indique  le titre, du pardon.

La pardon, c'est refuser la vengeance (oxymore bien trouvée au passage). Réussir à pardonner est un acte difficile auquel nous ne sommes pas égaux. Et c'est à travers des histoires bien distinctes qu'Eric-Emmanuel Schmitt nous démontre que le pardon n'est pas qu'une notion religieuse.

A l'expression "la vengeance est un plat qui se mange froid", l'auteur préfère
la maxime "Tout homme peut faillir, mais tout homme mérite pardon."

Nous suivons donc le récit d'hommes et de femmes qui auront des choix parfois très difficiles à faire afin de soulager leurs consciences torturées.

Le réalisme des histoires ainsi que la justesse des sentiments des personnages facilitent notre capacité de projection et d'identification.

Pour ma part, "la vengeance du pardon" est un livre que je conseille à tous et notamment à ceux qui n'ont jamais lu l'auteur. C'est une porte d'entrée simple d'accès et qui peut être marquante tant ce recueil est empreint de sincérité et d'émotions nuancées.

Notion spéciale à la deuxième nouvelle qui m'a marqué des jours et des jours après sa lecture.

mardi 12 septembre 2017

Terreur, Yann MOIX




Présentation :

« Ce livre, écrit au jour le jour pendant et après les attentats contre Charlie Hebdo et à l'Hypercacher, ne sort que deux ans après les événements : il fallait respecter le temps du deuil ; et me donner la faculté de suspendre celui de la réflexion.

"Penser" les attentats est une gageure, parfois même un oxymore : le risque est soit de donner trop de sens à ce qui n'en a pas, soit de rater les étapes d'un processus plus complexe qu'il n'y paraît. Penser les attentats, c'est possiblement se tromper. Ce livre est un cheminement, une progression, une interrogation, un questionnement sur la radicalité, la radicalisation, la jeunesse, l'islamisation, la violence, le nihilisme. Autant de termes qu'on ressasse à longueur de journées sans jamais s'arrêter pour les creuser, les approfondir jusqu'à la nausée.

Ce petit essai est obsessionnel : revenir à l'infini sur les actes, les causes, les effets, les acteurs, les conséquences, sans jamais se raturer, au risque même, çà et là, de se contredire. Les frères Kouachi, Amédy Coulibaly sont les tristes protagonistes d'un événement originel, matrice de tous les attentats qui suivirent : les notes et scolies rédigées à chaud et publiées maintenant, doivent se plaquer sur tous les attentats qui suivirent, et qui sortent tout droit, peu ou prou, de janvier 2015.Car ce qui me frappe à la relecture d’un texte rédigé il y a deux ans, c’est à quel point ce qui y était prévu est déjà advenu ou encore, hélas, à advenir.

Je n’ai donc rien censuré des passages prophétiques qui me donnent aujourd’hui le sentiment d’une réflexion rattrapée par le réel, au prétexte qu’ils pourraient être lus comme ayant été rédigés rétroactivement à partir du réel : on ne s’excuse pas d’avoir eu raison trop tôt. "Nous sommes en guerre" a dit le président de la République. Les écrivains ont toujours voulu dire la guerre. Je n'échappe ni à la règle, ni à la tradition. »




Mon avis :

J'ai apprécié les précédents ouvrages de l'auteur mais je dois dire que j'ai eu du mal à suivre les reflexions de Yann Moix dans ce qui semble être un recueil de ses analyses à chaud suite à la vague d'attentats que la France a connu ces derniers mois.

La partie la plus intéressante, pour ma part, est celle qui fait la comparaison entre les terroristes anarchistes du 19e et les terroristes djihadistes sinon pour le reste je n'ai pas l'impression que ses analyses font avancer la compréhension complexe du sujet...



vendredi 17 mars 2017

L'attaque des Titans : Before the fall, tome 3





Après deux tomes très légers, voici enfin le début de l'histoire...

Kyklo obsédé par son apparence, souhaite vérifier de ses propres yeux qu'il n'est pas un titan. Il va se cacher dans un chariot rempli d'armes et qui fera parti de la première expédition du Bataillon d'exploration, qui vient de renaitre de ses cendres.

Le jeune garçon a la faculté d'entendre les pas des titans avant que ces derniers n'apparaissent dans le champ de vision des humains mais malgré ce don il devra se battre pour essayer d'échapper au monstre qui croisera le chemin du bataillon...

Pour le moment l'histoire est encore un peu légère mais j'ai bon espoir que les tomes suivant viennent enfin donner un intérêt à cette préquelle !

L'adieu aux armes, Ernest Hemingway




Je découvre Hemingway avec ce livre. Il ne s'agit pas d'un coup de coeur mais je garde un excellent souvenir de cette lecture. 

Même si l'histoire se déroule pendant la première guerre mondiale, l'auteur privilégie de mettre en avant les relations humaines entre un groupe de soldats ainsi qu'une histoire d'amour entre le protagoniste et une infirmière anglaise. 

Le personnage principal, Fréderic Henry est un jeune officier d'origine américaine engagé dans le corps médical de l'armée italienne lors de la première guerre mondiale. Sans attache familiale, il va faire la rencontre d'une jeune infirmière anglaise, Catherine Barkley. Cette dernière semble un peu spéciale mais cela n'empêche pas Frédéric de la fréquenter. Au début de leur rencontre, il est sûre de ne jamais l'aimer mais après un long séjour à l'hôpital suite à de graves blessures, leur liaison se fait plus régulière et entre ces deux êtres va naitre l'amour. Les circonstances vont amenés notre couple à tenter d'aller vivre en Suisse alors que la guerre n'est pas encore terminée. Il va s'en suivre un ensemble d'évènements qui marqueront à jamais le jeune officier. 

Même si l'histoire prend du temps à se mettre en place, la seconde partie du roman est très captivante. On sent dans ce récit une part de vérité, comme si l'histoire était inspirée de la vie de l'auteur. 

Ce livre mérite d'être lu notamment pour ceux qui ne connaissent pas encore Hemingway. A noter deux adaptations de ce roman au cinéma (films de 1932 et 1957)

mercredi 1 mars 2017

La République du catch, Nicolas de Crécy






Il s'agit de ma première lecture d'une bande dessinée de Nicolas de Crécy.

A mi chemin entre la BD et le manga, cette oeuvre se déguste page par page. L'histoire décalée et originale prend un virage à 100% burlesque, avec des personnages attachants et on peut le dire déjantés. 

Ici tout est loufoque et fantastique! Même la mafia sensée faire peur, nous fait rire. 

Bienvenue dans une dimension qui donne vie à un manchot pianiste, un bébé diabolique et même à des fantômes plutôt sympathiques... 

La lecture est agréable et les 200 pages se lisent très vite car il y a peu de dialogues au final.

Les dessins sont bons et le coté manga (noir et blanc) apporte un plus à l'intrigue. Vu comment se termine l'histoire, je pense qu'une suite est prévue. Elle est donc la bienvenue pour moi... 

Je vous recommande cette lecture :)